L’histoire commence lorsque je pars à Tanger pour la première fois avec ma fille qui souhaite que je l’initie à la photographie de rue. Notre prétexte est de découvrir la ville natale de mon père, son grand-père, qu’il a quittée à quinze ans sans jamais y retourner. Nous prenons ensuite la route vers le Sud jusqu’à Sidi Ifni, guidés par l’envie de se promener hors des sentiers touristiques et de rencontrer les habitants. Au retour, nous désirons raconter notre expérience et montrer nos images. Grâce à de nouvelles rencontres, le récit de cette exposition prend forme.
Lettres échangées entre Rita et moi pour sceller notre collaboration artistique dans notre relation père-fille.
Rita. Je t’ai donné au début de l’été, l’appareil un peu cabossé que je trimballe partout. Pendant notre voyage, tu viens me voir un matin pour me proposer ce projet, une expo, un zine, un vernissage avec nos potes respectifs, un mix générationnel. Te transmettre ce qui m’anime est l’essence de mon rôle de père et cela continue avec Smala. Dès ton arrivée dans ma vie, tu m’as poussé à me dépasser. En grandissant, tu perçois ce qui se joue dans la tentative inépuisable de capter le monde qui nous entoure avec un appareil photo. Depuis deux ans, tu me mords régulièrement les mollets à ce sujet. Tu connais ces images qui s’accumulent dans mes disques durs et tu rages de les voir ainsi réduites au silence. Ton énergie m’éclaire. Un pacte de confiance nous engage maintenant, à poursuivre cette aventure et à continuer de partager.
Papa,
je me demande comment exprimer les émotions qui ont jalonné notre aventure. Le lien que nous avons repose sur une compréhension silencieuse, dans le regard et dans les gestes. Entre nous, un Sony qui tient dans la poche, ton appareil qui t’accompagne partout depuis 10 ans que tu m’as confié le 24 juillet 2023 dans l’aéroport alors que nous attendions le vol pour Casa. Tu t’es acheté le même car tu en avais assez de ne rien voir sur le petit écran rayé. J’allais devoir shooter à l’aveugle mais j’étais ravie à l’idée que tu m’apprennes à l’utiliser. Au début, j’avais du mal avec les termes techniques, shutter, vitesse d’obturation … Je prenais toujours trois photos identiques au lieu de faire la mise au point mais je ne me décourage pas car tu comprends ce que je vois.
SMALA SOUND
SCÉNOGRAPHIE
Le mix générationnel, fil rouge du projet, révèle différents rapports à la fabrique de l’image. Avec chacun sa culture visuelle, c’est l’occasion de varier les supports d’impression et les formats.
Paysage sonore
Sofiane Saidi a composé une bande-son de 40 minutes à partir d’ambiances collectées en Algérie auxquelles il a mélangé piano et voix. Pendant la soirée, Sofiane a donné un concert a cappella, accompagné des frères Ceccaldi, violoniste et violoncelliste.
Un fanzine
C’est l’idée de départ : faire un fanzine pour se souvenir, pour l’objet, pour le plaisir d’imprimer et de le distribuer. Moitié photos de Raphaël, moitié celles de Rita avec des pages de différentes tailles. Au milieu, les lettres écrites l’un à l’autre sur le plus petit format et à la marge, des notes de voyage.
SCÉNOGRAPHIE
INAUGURATION
PAYSAGE SONORE
Cette exposition immersive est une collaboration basée sur des rencontres et les envie que le projet a suscitées. Sofiane Saidi a composé pour Smala une boucle de 40 minutes de sons d’ambiances sourcés en Algérie et sur lesquels il a posé du piano et sa voix. Une symphonie cadencée de bruits, de voix et de notes qui réveille souvenirs et imaginaire. Pendant la soirée, Sofiane chante a cappella, accompagné de Théo et Valentin Ceccaldi, violoniste et violoncelliste.
FANZINE
C’est l’idée de départ : faire un fanzine pour se souvenir, pour l’objet, pour le plaisir d’imprimer et de le distribuer. Moitié photos de Raphaël, moitié celles de Rita avec des pages de différentes tailles. Au milieu, les lettres écrites l’un à l’autre sur le plus petit format et à la marge, des notes de voyage.
Le catalogue
Tirages numérotés sur 30 exemplaires
Arles 2024
Les rencontres de la photographieAffichage sauvage
Poussés par l’envie de prolonger l’histoire, nous nous invitons à Arles où la nuit, nous ouvrons dans les murs de la ville, des fenêtres sur le Maroc.
Jouer le jeu de l’affichage sauvage implique de se donner des règles et d’accepter celles des autres. Arrachées, récupérées, recouvertes, décollées, déchirées ou intactes, entourées, photographiées, repostées, taguées… Nuit après nuit, ce rituel prolonge l’aventure.



